Le 14 mai dernier, IFPEN et le Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies (CGE) ont remis au ministre délégué chargé de l'Industrie et de l'Energie un rapport d'expertise sur l'état des lieux des projets européens de stockage géologique et de transport de carbone. Basé sur les compétences d’IFPEN dans le domaine, le rapport offre un appui stratégique pour penser le déploiement de la filière CCS*.
Un panorama complet des projets européens de CCS
L’étude rappelle les enjeux autour du captage et du stockage du CO2, sa chaîne de valeur, et le cadre législatif européen, ainsi que le rôle du CCS pour atteindre les objectifs ambitieux de réduction des émissions de CO2 fixés par l'Union européenne : ces technologies apparaissent comme une solution nécessaire pour les industries dont les émissions sont difficiles, voire impossibles, à réduire.
L'étude livre par ailleurs une analyse approfondie de projets menés dans cinq pays européens (Norvège, Danemark, Pays-Bas, Italie, Grèce) ainsi que des solutions de transport des flux de CO2 depuis la France.
Un état des lieux contrasté de l'industrie européenne du CCS
Si le potentiel du CCS est indéniable, le rapport pointe également les défis à relever pour son déploiement à grande échelle. L'industrie européenne du CCS en est encore à ses débuts, avec un niveau de maturité des projets et de la réglementation variable selon les pays.
En Europe, le stockage géologique du CO2 est principalement envisagé en mer, dans des aquifères salins et des gisements déplétés, pétroliers ou gaziers. Le stockage terrestre, en revanche, soulève des difficultés d'acceptabilité sociale qui freinent son développement.
Freins et recommandations : l’éclairage d’IFPEN et du CGE
Le rapport identifie plusieurs obstacles au déploiement à grande échelle du CCS, notamment :
• Le positionnement attentiste des acteurs, tant les émetteurs que les stockeurs, en raison des incertitudes sur les modèles économiques régissant le CCS ;
• La nécessité d'établir des normes internationales concernant les spécifications de pureté des flux de CO2 ;
• Le manque de visibilité sur les aides publiques et les incitations financières qui pourraient soutenir le développement de la filière.
Une analyse susceptible d’alimenter la vision stratégique du ministère pour le déploiement de la filière.
* Carbon capture and storage