Déployer des carburants bas carbone pour décarboner les transports
Les biocarburants sont des carburants liquides bas carbone produits à partir de biomasse, c’est-à-dire de matières d’origine végétale ou organique (résidus lignocellulosiques agricoles et sylvicoles, déchets, huiles usagées et graisses animales). Les e-fuels (ou carburants de synthèse) sont produits à partir de CO₂ capté et d’hydrogène bas carbone, généralement issu d’électricité bas carbone. Leur bilan climatique dépend des ressources et de l’énergie utilisées pour les produire.
En quelques chiffres :
- 34 % : part des émissions françaises de gaz à effet de serre provenant des transports — SDES, 2025.
- 29 % ou −14,5 % d’ici 2030 : objectifs européens consistant à augmenter la part des énergies renouvelables dans les transports ou à réduire les émissions liées aux énergies utilisées — Commission européenne.
- 5,5 % minimum d’ici 2030 : part de l’énergie des transports devant provenir de biocarburants avancés ou de carburants renouvelables produits sans biomasse — Commission européenne.
- 2 % → 70 % pour l’aviation et −2 % → −80 % pour le maritime, entre 2025 et 2050 : trajectoires européennes d’incorporation de carburants d’aviation durables et de réduction de l’intensité en gaz à effet de serre de l’énergie utilisée par les grands navires — ReFuelEU Aviation et FuelEU Maritime.
Répondre aux usages difficiles à électrifier
L’électrification progresse, mais sa pertinence varie selon les contraintes d’usage : autonomie, charge transportée, puissance, temps d’immobilisation et disponibilité des infrastructures. Pour l’aviation, le maritime, le fluvial, le ferroviaire non électrifié, certains poids lourds et les engins hors route, les carburants liquides bas carbone constituent un levier complémentaire de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Défis :
- Valoriser les ressources non alimentaires (biomasse non alimentaire, déchets, CO₂),
- Maîtriser des procédés industriels complexes,
- Garantir un bénéfice climatique sur l’ensemble du cycle de vie, de la production à l’utilisation du carburant.
Les travaux d’IFPEN visent à développer des procédés pour produire des carburants compatibles avec les infrastructures existantes, les optimiser pour réduire les émissions à l’échelle du cycle complet et structurer des filières industrielles à l’échelle européenne.